Tyson (2025)
October 6, 2025
Tyson (2025) – La tempête déchaînée d’une légende
Quand on entend le nom de Tyson, on ne pense pas seulement à un boxeur, on pense à la puissance brute, au chaos, au génie et à la tragédie réunis. En 2025, le réalisateur Martin Scorsese monte sur le ring avec une vision qui ne se contente pas de dramatiser la vie de Mike Tyson ; elle la fait exploser à l’écran avec la force d’un uppercut.
Jamie Foxx, dans l’une des performances les plus transformatrices de sa carrière, devient Iron Mike en chair et en os. Ce n’est pas une imitation, c’est une incarnation. Des premiers combats féroces de Tyson à la vulnérabilité fracturée derrière le mythe, Foxx capture à la fois la terreur de ses poings et la fragilité de son âme. Chaque scène donne l’impression qu’il combat non seulement des adversaires, mais aussi des démons.

Samuel L. Jackson entre en scène dans le rôle de Don King, flamboyant et imprévisible, une performance débordante d’énergie. Avec sa présence tonitruante et son charme changeant, Jackson incarne l’aboyeur de foire qui a à la fois élevé et exploité Tyson. Leur dynamique est moins celle du mentor et de l’élève, plus celle du feu et de l’essence, ce qui ouvre la voie à certains des échanges les plus électriques du film.
Scott Silver, auteur de Joker, imprègne le scénario du courage de la survie et de la poésie de la chute. Le récit n’évite pas les controverses de Tyson et n’aseptise pas sa violence. Au contraire, il embrasse les contradictions : le garçon de Brooklyn, le champion du monde, le criminel condamné, l’icône culturelle. Chaque couche est décortiquée avec une honnêteté sans faille.

Derrière la caméra, Scorsese transforme le ring de boxe en un autel de sang et de gloire. Les combats sont filmés avec une brutalité digne d’un ballet, chaque coup de poing frappant avec à la fois un impact physique et un poids existentiel. Les séquences au ralenti révèlent l’art du combat, tandis que la sueur, le souffle et le silence entre les rounds révèlent le prix de la grandeur.
La musique, composée par Ludwig Göransson, est une véritable bombe sonore. Tambours tribaux, basses pulsées et fioritures orchestrales s’entrechoquent pour refléter l’instabilité de Tyson. La musique ne se contente pas d’accompagner les scènes : elle les frappe, comme si le rythme lui-même était un autre combattant échangeant des coups avec le récit.

Ce qui élève Tyson au-delà d’un biopic sportif, c’est son exploration de l’identité. Il pose la question : qui est Mike Tyson quand on lâche les gants ? Est-il un champion, une victime, un prédateur ou un homme prisonnier de la mythologie que d’autres ont construite autour de lui ? Le film refuse les réponses faciles, laissant le public à la fois impressionné et déstabilisé.
Cinématiquement, le film est imprégné d’atmosphère. Les néons de Las Vegas des années 80, les ruelles sinistres de Brooklyn, les arènes vrombissantes : tout semble vivant, vibrant de la même intensité qui a marqué l’ascension et la chute de Tyson. L’objectif de Scorsese ne se contente pas de nous montrer un monde, il nous plonge dans sa sueur, sa fumée et son spectacle.

Noté 4,7/5, Tyson est salué comme un uppercut cinématographique : viscéral, envoûtant et inoubliable. Ce film ne se contente pas de raconter l’histoire, mais exige qu’on en ressente chaque parcelle.
En fin de compte, Tyson ne raconte pas l’histoire d’un boxeur. Il raconte l’histoire d’un homme d’une force de la nature, capable d’écraser des montagnes à coups de poing, mais qui a peiné à se maîtriser. Il parle du prix de la grandeur et des cicatrices qu’elle laisse. Et lorsque le générique défile, on ne se souvient pas seulement des coups, mais aussi de l’homme qui les a portés.
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